Interview croisée de Gilles Dubin et Charles Bouveret, après leur stage chezTECMAS

Gilles Dubin et Charles Bouveret, deux titres SuperBike et le Bol d’Or avec TECMAS durant leur stage 2019.

24 octobre 2019
Gilles Dubin (à droite) et Charles Bouveret (à gauche) ont intégré l’École de la PERFORMANCE en octobre 2018 pour la session 2018/2019 de la formation Préparateur Développeur de Véhicules de Compétition Moto. Ils ont tous les deux effectué leur stage en entreprise au sein du TECMAS Racing Team. Ils ont pris part aux 2 titres Superbike et Challenger de l’équipe, ont fait le Bol d’Or et se sont déjà ménagé une sacrée expérience de la compétition moto.
 
Bonjour messieurs. Qu’aviez-vous fait avant de rejoindre l’École ?
Gilles Dubin : Mon parcours est assez atypique. J’ai 41 ans, et j’étais chef d’atelier dans le BTP. Je réparais toutes sortes d’engins. J’avais fait 6 ans d’apprentissage en mécanique, un BTS MAVA spécialisation Véhicules Industriels et une Licence Pro. Et puis mon poste à disparu suite à une fusion d’entreprises, alors j’en ai profité pour me reconvertir dans la course moto.
Charles Bouveret : J’ai fait un Bac STMG Management et Gestion. Puis un BTS SIO Informatique aux Organisations. Mais ça ne me plaisait pas et j’ai arrêté pour m’orienter vers la moto. J’ai travaillé un an, et repris des études en reconversion avec un CAP et un Bac Maintenance des Véhicules option Moto, en 1 an chacun. Tout ça dans le but d’intégrer ensuite l’École de la PERFORMANCE.
 
Et pourquoi la moto ?
Gilles : Je suis passionné de motos, je roule depuis longtemps. J’ai aussi fait quelques roulages, et je regarde bien sûr les grands prix.
Charles : J’en fais depuis tout jeune, et j’ai passé le permis à 18 ans. Je fais de la piste depuis 4-5 ans, j’ai un R1 2017 que j’ai entièrement préparée pour ça.
 
Vous étiez en stage Chez TECMAS, c’est bien ça ?
Gilles : Je voulais faire de la vitesse, et Thierry Fornerod m’a proposé ce stage avec du Superbike et de l’Endurance. J’ai le poids-lourds et le super-lourd, alors je conduisais la semi-remorque du team. En Superbike, je m’occupais de la moto de Maxime Bonnot, pilote en Challenger. En course on prenait un mécanicien en plus. Mais à l’atelier, j’avais seul toute la responsabilité de la préparation de la moto. Ça met la pression, mais ça s’est plutôt bien passé puisque Maxime Bonnot a été champion de France en Challenger. Et Mathieu Gines champion de France Superbike.
Charles : J’ai choisi le stage avec le staff de l’École, je voulais vraiment faire le Superbike, et un peu d’endurance. Alors c’était parfait. Gilles et moi on les a rejoints 2 semaines plus tôt que prévu pour des essais à Nogaro. Et après le grand bain au Mans. J’étais mécanicien de Mathieu Gines le pilote numéro 1. On était deux, un mécanicien salarié du team et moi. J’avais en charge tout ce que peut faire un mécanicien en Superbike.
 
Et vous avez aussi fait de l’Endurance ?
Gilles : Oui. Au départ je devais remplacer des gens si besoin. Mais la moto n’était pas 100% prête. Du coup j’ai fait de la fibre sur place pour modifier le carénage. J’avais déjà renforcé la coque arrière et modifié le sabot à l’atelier. Et pour la course j’étais aux pneus avec Charles.
Charles : Le Bol comme 1ère épreuve d’endurance, c’est un sacré début… On a fait une grosse préparation en amont, les carénages, l’électricité, … Et les moteurs. En course, chacun avait un poste précis. Je manageais une équipe de 3 personnes, on était en charge des roues et pneus. Choix des pneus, relevés températures piste et air, mise en chauffe. Et je m’assurais qu’on avait bien toutes les références disponibles.
 
Ça veut dire que le team vous a tout de suite donné des responsabilités ?
Gilles :
Ah oui, pour ça ils nous ont fait travailler sur la moto dès le début, selon les compétences qu’ils ont pu évaluer. Comme j’ai fait de la mécanique avant… Même si là c’est bien plus fin, et puis le stress en plus.
Charles : Oui, j’ai même été un peu surpris qu’on me donne tout de suite un poste à grosse responsabilité. Il a fallu très vite se débrouiller. Dès les essais à Nogaro, notre responsable nous a dit que le 1er jour c’était pour la mise en place, mais après ça devait dérouler. Ça met une grosse pression, mais c’est une bonne chose.
 
Ce que vous avez appris l’École vous a aidé ?
Gilles :
Oui. Ça m’a permis d’aborder toute la partie châssis avec facilité, réglages amortisseurs et fourche avant. Et de bien comprendre ce qu’on faisait en piste. Ça correspondait vraiment à ce qu’on avait appris à l’École avec Guy Garcia. Je faisais surtout du châssis, mais j’ai aussi fait de la cartographie en Promosport dans le camion banc de puissance de Tournay Distribution. Et puis sur la vie d’un team, l’École nous avait bien préparé avec par exemple les stages à la montagne.
Charles : Oui totalement. L’École m’a beaucoup aidé. Vivre au sein d’une équipe ça s’apprend, et c’est vrai que les intégrations à la montagne ont beaucoup aidé. Sur la technique, tout ce qu’on a appris à l’École m’a permis de mieux faire mon travail chez TECMAS, comme les cartographies moteur. On en a fait pas mal avec l’ingénieur, et d’avoir eu la formation à l’École avant, ça m’a permis d’être directement opérationnel.
 
Et maintenant ?
Gilles :
Je vais continuer en compétition, en freelance. Je reste en contact avec TECMAS pour faire un peu d’endurance. Et puis j’ai une piste pour donner des cours de mécanique générale dans un centre de formation. Ça permettra de garder un travail à côté de la compétition.
Charles : Le stage a pris fin juste après le Bol d’Or, et je me suis mis en recherche tout de suite. J’avais une touche chez NR Bike. Un atelier de préparation près de Pau tenu par Nicolas Nowacki, un ancien de l’École de la PERFORMANCE session 2005. J’ai été confirmé il y a quelques jours et je vais être embauché en CDI. C’est de la préparation piste, clef en main, avec pas mal de clients d’European Bikes ou d’Ultimate Cup. Et aussi des révisions plus classiques.
 
S’il faut faire un bilan, que diriez-vous de ces 11 mois ?
Gilles : Ça a été une grosse aventure, c’est vraiment un chamboulement par rapport au travail en entreprise. On est avec les pilotes et tout. Et puis d’avoir travaillé sur une moto qui gagne le championnat, forcément c’est une grosse satisfaction. Si c’était à refaire, je replongerais… surtout si on gagne encore !!
Charles : Que j’ai bien fait de le faire !! J’ai eu de la chance d’avoir pu intégrer l’École. C’est vraiment la clef pour entrer dans le monde de la compétition. On n’arrête pas de le dire mais c’est vrai. Cette année a vraiment été déterminante. Ça m’a permis d’évoluer dans la technique, et ça m’a beaucoup aidé sur le plan personnel, ça m’a mis en confiance. Thierry Fornerod dit que l’École de la PERFORMANCE c’est un peu l’école de la vie, et c’est vrai. D’avoir énormément de responsabilités, ça fait grandir.
 
Tous les détails sur la formation Préparateur Développeur de Véhicules de Compétition Moto. Plus d’infos sur contact@ecoleperformance.com ou au 05 62 08 88 83
 
Photos Etienne Maurin / © SV Agency – Stéphane Valembois.