Un moteur préparé à l'École de la PERFORMANCE termine à la 22ème place au général au Rallye Monte Carlo Historique

Un moteur préparé par 2 stagiaires de l’École de la PERFORMANCE termine à la 22ème place au général au Rallye Monte Carlo Historique

22 février 2020

Les formations de l’École de la PERFORMANCE, c’est aussi du véhicule historique et du VHC. Deux stagiaires de la formation Moteurs et Performance ont préparé le moteur de la Fiat 128 n° 262 qui vient de terminer brillamment à la 22ème place (sur 250 classés) du classement général au Monte Carlo Historique. Et aux dires de son propriétaire, la qualité de la préparation moteur a été déterminante dans cette très belle performance.

Monsieur Bourdil, parlez-nous de votre voiture…
C’est une Fiat 128 Berlinetta de 1976. Le précédent propriétaire voulait faire le Monte Carlo Historique avec. Alors quand je l’ai achetée, elle était déjà préparée sur le plan châssis, trains roulants, aménagement intérieur et sécurité. J’avais juste monté une crémaillère de direction plus directe. En montagne c’est plus confortable et plus précis. Le moteur est un 1300, ce qui nous place en catégorie Intermédiaire. Dans les rallyes de régularité, les catégories sont fonction de la cylindrée et de l’année de la voiture, et ça définit la moyenne à tenir.

Et pourquoi le Monte Carlo Historique ?
C’était notre 3ème participation. Je possède des voitures de collection, mais j’avais envie de me lancer dans cette aventure. Le Monte Carlo est notre seul rallye historique dans l’année. Vincent mon fils est le navigateur, Yannick Villar le pilote. Et comme ils n’ont ni le temps ni les compétences, ils m’ont sollicité. J’ai été pilote moto en Grand Prix, donc je connais bien la mécanique et la gestion d’une course. Je tiens le poste de manager. Et puis je suis aussi convoyeur, mécanicien, … Un peu l’homme à tout faire.

Et l’an dernier, vous avez décidé de faire préparer le moteur…
Oui, parce qu’il n’avait pas été préparé. J’ai contacté Thierry Fornerod le directeur de l’École de la PERFORMANCE. Je connais Thierry depuis 40 ans. On faisait de la moto ensemble, et on préparait les motos sur lesquelles je courais. Pour le moteur de la 128, je voulais vraiment être dans l’esprit du règlement, donc rester sur un seul carburateur, et travailler sur la culasse et le rapport volumétrique. J’ai sorti le moteur de l’auto et je l’ai amené à l’École.

Comment s’est passée la phase de préparation à votre niveau ?
J’ai été en contact avec Guillaume Dire le formateur moteur, et 2 élèves ont fait la préparation. J’ai eu souvent Guillaume au téléphone, car ça a été parfois un peu compliqué pour les pièces. J’ai des autos anglaises pour lesquelles on trouve tout. Pour les Alfa aussi on trouve, mais les petites Fiat c’est plus difficile.

Et le résultat ?
Nous sommes très satisfaits. Le moteur est bien coupleux, et très adapté à notre besoin. Il nous fallait gagner à la fois du couple et de la puissance. Sur le banc à l’École, ils ont mesuré 97 cv à 6700 tr/mn et 11 mkg à 5500 tr/mn. Sur une auto qui ne fait que 800 kg, ça donne vraiment de bonnes performances. En particulier en sortie des épingles en montée. Au Monte Carlo il y a énormément de cols et de relief. Lozère, Ardèche, Isère, Vercors, on est sur les spéciales de la grande époque. On termine d’ailleurs par la Nuit du Turini. Et on n’a pas eu l’ombre d’un souci sur tout le rallye. Pourtant, rien que la 1ère journée, on avait 25 heures non-stop sur les petites routes du grand Sud-Est, pour le parcours de concentration. Vraiment, le moteur est fiable et très performant. Du coup, on est parés pour l’an prochain.

 

Un moteur préparé à l'École de la PERFORMANCE termine à la 22ème place au général au Rallye Monte Carlo Historique

Arnaud, vous avez travaillé sur ce moteur ?
Oui, je m’appelle Arnaud Crunelle. J’ai fait la formation Moteurs et Performance en 2019, et j’ai maintenant intégré la formation Préparateur Développeur de Véhicules de Compétition Auto. Arthur Leccia aussi a fait Moteurs et Performance en 2019. Et c’est là que nous avons préparé le moteur de la Fiat 128, pendant Moteurs et Performance.

Comment avez-vous procédé ?
On a travaillé ensemble sur tous les points. L’idée c’était d’apprendre ensemble, et de disposer des mêmes infos à tout moment. Avec le moteur, le propriétaire nous a laissé sa RTA, et un courrier d’accompagnement avec un mini cahier des charges. Il voulait un moteur plus nerveux, autour de 10 à 15 chevaux supplémentaires.
Ça a commencé par un gros nettoyage, car le moteur sortait du véhicule. Après quoi nous avons tout contrôlé par rapport aux cotes fournies dans la RTA. De façon à s’assurer que rien n’était hors cote, qu’il n’y avait pas d’usure anormale. On a tout vérifié pour la fiabilité, et changé certaines pièces comme un galet tendeur de courroie de distribution. Mais on n’a eu à changer aucune pièce majeure. Les pistons sont par exemple restés d’origine. Par contre, on a bien sûr changé tout ce qui était consommables, coussinets, Et beaucoup de visserie aussi.

Sur quoi la préparation a-t-elle porté ?
Le moteur est un simple arbre à cames, donc on ne pouvait pas modifier les calages pour toucher au comportement moteur. Alors la modification la plus importante a consisté à corriger la hauteur de squish. Le squish, c’est la distance entre le ciel du piston et le plan de la culasse. Au départ on avait 2 mm, ça faisait trop pour sortir de la puissance. On a réduit la hauteur de bloc de 0,96 mm. Puis recalculé le rapport volumétrique, qui du coup avait augmenté. Et à partir de là, le gros du travail s’est trouvé dans le montage et les ajustages. Beaucoup de pièces à repeindre aussi, c’est important de fournir un produit fini et propre.

Ça a été facile ?
Pas vraiment… Et on a eu quelques sueurs froides par moments avec l’approvisionnement en pièces. Les références n’étaient pas forcément les bonnes. Il a fallu renvoyer certaines pièces. Mais Arthur avait pas mal de connaissances et de contacts de ce côté-là. Au final ça a été un peu short, mais on a réussi à tout faire en tenant les délais. On était vraiment sur un cas en réel, avec de vraies contraintes. Et puis à la fin, la satisfaction du client c’est aussi un gros plus.

Et c’était formateur ?
Ça a vraiment été une grande chance de pouvoir travailler sur ce moteur client, avec de vrais objectifs, un vrai cahier des charges. Et tout le travail que ça implique derrière. Sur un moteur pédagogique, il y a par exemple très peu de nettoyage. Alors que nous, on s’est trouvés dans la situation réelle d’un vrai motoriste, avec tout à faire de A à Z. Avec beaucoup de métrologie, pour laquelle il avait fallu passer beaucoup de temps pour que les pièces soient propres. C’était impératif pour pouvoir les mesurer correctement.

Alors maintenant, quelle est la suite pour vous ?

Par goût, je m’oriente davantage vers les moteurs. Je veux devenir motoriste. Et là pour le stage de la formation Préparateur Développeur, je vais partir chez WRT en Belgique pour m’occuper de leurs moteurs de Fun Cup. Et comme le hasard fait bien les choses, je suis du Nord. Alors je ne serai pas loin !!

Tous les détails sur la formation Moteurs et Performance, 18 semaines pour devenir motoriste et préparateur moteur.
Prochaine session : du 22 mars au 22 juillet 2021. Aucun niveau d’études requis, admission sur entretien/sélection.

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Prochaine session : du 24 août au 24 septembre 2020. Aucun niveau d’études requis.

Plus d’infos sur contact@ecoleperformance.com ou au 05 62 08 88 83