Nicolas Brisseau, ingénieur performance chez IDEC Sport et Rebellion Racing

12 juillet 2019

Nicolas Brisseau a quitté l’École de la PERFORMANCE en 2014, après la spécialisation Performance Engineering et un stage en entreprise chez OAK Racing. Nicolas est aujourd’hui ingénieur performance chez Rebellion Racing en FIA WEC LMP1, et chez IDEC Sport en ELMS LMP2. Il nous explique en quoi l’École de la PERFORMANCE a été déterminante dans sa progression professionnelle.
(Images IDEC Sport et Rebellion Racing)

Quel était votre projet en intégrant l’École de la PERFORMANCE ?
Je faisais l’ISAT car je me destinais à l’automobile. Mais au fur et à mesure de mes études et des stages, je me suis rendu compte que l’ingénierie dans l’industrie automobile m’emballait moins. J’ai toujours été passionné par le sport automobile, j’ai notamment fait 10 ans de karting. Alors je me suis recentré sur cette passion, et je suis entré à l’École en octobre 2013 pour suivre la spécialisation Performance Engineering.

Pour vous, quel est le point fort de l’École de la PERFORMANCE ?
Mettre un pied dans le sport automobile. Quand on fait une école d’ingénieur, comme l’ISAT dans mon cas, c’est très compliqué d’obtenir un stage en compétition. Déjà parce que l’école n’est pas centrée là-dessus. Et ensuite un stage pour une école d’ingénieur, c’est de 4 à 6 mois maximum. Ce qui ne colle pas avec ce que recherchent les acteurs du sport auto. Le stage de 8-9 mois qu’on fait avec l’École de la PERFORMANCE, chez OAK Racing dans mon cas, c’est vraiment le point fort numéro 1.
Et puis la formation en elle-même, complètement centrée sport automobile, et qui répond vraiment aux besoins d’un ingénieur qui va y travailler. L’analyse data, faire un faisceau, la gestion d’une course, la gestion d’une équipe, … Tout ça, c’est 100% ce que va faire un ingénieur en arrivant dans le sport auto. Ce sont des choses concrètes, et dont on a besoin quand on débute. Immédiatement. Car c’est un domaine où il n’y a aucun temps d’apprentissage. Avec l’École et ce qu’on y apprend, on est tout de suite opérationnel.

Quels postes avez-vous occupés, dans quelles équipes ?
Ça a évolué pour moi. J’ai commencé par mon stage comme ingénieur data chez OAK Racing, avec la Morgan Nissan en IMSA aux États-Unis. En 2015, je suis entré chez Team Sard Morand en WEC, puis RGR Sport by Morand en 2016. Toujours comme ingénieur data. J’étais déjà en freelance, et j’avais aussi une équipe en ELMS. Pegasus Racing en 2015 avec une Morgan Nissan, puis IDEC Sport en 2016 sur la Ligier Judd.
En 2017, je suis rentré chez Vaillante Rebellion en LMP2, avec à la clef les titres FIA pilotes et équipes. En 2018 je suis resté chez Rebellion pour passer sur le programme LMP1, où je suis toujours en 2019. Et je suis avec IDEC en ELMS LMP2. Je suis devenu ingénieur performance dans les 2 équipes, poste qui se situe entre race engineer et data engineer.

Concrètement, que faites-vous ?
C’est un peu différent dans la mesure où la structure Rebellion est plus grande que celle d’IDEC. Chez IDEC nous sommes 2 ingénieurs sur chaque course. On est en discussion pour tout ce qui est set-up et stratégie de voiture, bien que j’aie presque complètement la stratégie. Alors que chez Rebellion il y a un directeur technique qui est au-dessus. En tant qu’ingénieur performance, je fournis des infos et des directives au race engineer pour qu’il décide de son set-up. Je fais purement de la data stratégie de course, tout ce qui touche à la performance voiture.

Quel a été le plus beau moment de ces 5 ans ?
Sans hésiter la victoire au championnat du Monde 2017 en WEC, avec Rebellion. Ça a été un moment fort. On a couru durant tout le championnat après Jota, qui avait pris beaucoup d’avance aux points. On s’est dit qu’il ne fallait plus faire d’erreur, et qu’il fallait gagner toutes les courses. Et c’est ce qu’on a fait. Ce sentiment d’avoir tout optimisé, et qu’à la sortie ça porte ses fruits, c’est vraiment sympa.
Et il y a aussi ma toute première année bien sûr. Faire le tour des USA et gagner là-bas ma première course, ça aussi c’était un grand moment.

Avec le recul, que vous a apporté l’École ?
En arrivant à l’École, j’étais passionné de sport automobile. Ce que l’École m’a apporté, c’est la ténacité. J’étais moins tenace en arrivant. D’ailleurs, lorsque j’avais moi-même obtenu mon stage chez OAK Racing et TDS, Thierry Fornerod avait trouvé ça ambitieux. Mais c’est ça que je voulais faire, de l’endurance et pas autre chose. C’est ça que m’a apporté l’École. Avant j’étais un peu un gentil. Après l’École, je pensais plus compétition. Il faut être humble bien sûr. Mais il faut se faire connaître, et ne pas faire de cadeaux.

Aujourd’hui, comment analysez-vous votre progression professionnelle depuis l’École ?
En tant qu’ingénieur, on peut se diriger dans plusieurs directions. Systémiste, race engineer, ou bureau d’études, … On peut faire beaucoup de choses. Pour ma part, mon travail a énormément évolué depuis 4 ans. C’est toujours la même base, mais je sais de mieux en mieux le faire. Régler une LMP2, j’en étais bien incapable les 2 premières années, je n’avais pas les compétences. Aujourd’hui, je suis content de dire que j’apporte ma contribution au set-up de la voiture IDEC. Qui fait des podiums et qui gagne presque des courses. Ma progression elle est là. Dans mon implication et dans la réussite de la voiture.
La suite pour moi c’est passer race engineer en LMP2. Il y a beaucoup de choses à gérer, alors il faut être sûr de son coup. Je fais ce qu’il faut pour être prêt à passer ce cap, c’est clairement ma prochaine étape.

Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui vont vous suivre ?
La première des choses, c’est vraiment de viser haut quand on choisit son stage. Ça sera difficile, il y aura plein de choses à apprendre, mais ces choses seront acquises pour la suite. Une équipe ne peut pas embaucher et payer quelqu’un sans expérience, et le former pendant 1 an. Alors que dans le cas d’un stagiaire, ça fait partie du jeu. Donc il faut saisir cette opportunité.
Moi j’ai eu la chance de faire un stage chez Ligier, constructeur qui était très présent à l’époque en LMP2. Ça m’a permis de rencontrer des teams, ça m’a ouvert tout de suite des portes. Quand ils m’ont pris chez Morand, ils ne me connaissaient pas, mais ils savaient que je connaissais déjà la voiture. Et ça c’est précieux, car au début c’est difficile de se vendre auprès de gens qui ne vous connaissent pas. Aujourd’hui les gens m’accordent leur confiance et m’appellent pour travailler avec eux. Mais c’est ça le plus dur au départ, construire cette confiance.
Sur la discipline, pour moi l’endurance en LMP2 est vraiment une très bonne école. Les autos sont très performantes, avec beaucoup d’aéro. Et ce sont des courses où il y a de la stratégie, de la gestion d’essence et du temps de driving. En sprint il n’y a pas tout ça, par contre ça sera techniquement plus pointu. Dans tous les cas il faut choisir une catégorie d’un niveau suffisant.

Prochaine session : du 14 octobre 2019 au 18 septembre 2020.
Dates de sélection : 19 juillet, 30 août 6, 13 et 27 septembre.
Plus d’infos sur contact@ecoleperformance.com ou au 05 62 08 88 83