Promotion
Promo 2020–2021 Performance Engineering
Poste actuel
Ingénieur performance Hypercar chez Alpine Endurance Team

Diplômé en ingénierie aéronautique, Adrien Guyomard n'avait aucun lien direct avec le sport automobile avant de rejoindre l'École de la Performance. Aujourd'hui ingénieur performance Hypercar chez Alpine Endurance Team, il analyse les données des pilotes au plus haut niveau de l'endurance mondiale. Un parcours construit à force de persévérance, de questionnement et d'une honnêteté désarmante sur ce que ce métier exige vraiment.

La passion avant tout

— Présente-toi en quelques mots : qui tu es, où tu travailles aujourd'hui, et ce que tu fais concrètement ?

"Je suis Adrien Guyomard, promo 2020–2021. Je travaille aujourd'hui pour Alpine Endurance Team en tant qu'ingénieur performance Hypercar. Je suis en charge de la performance liée directement aux pilotes : analyse des données, trajectoires GPS, mise en lien avec l'usure de la planche pour optimiser à la fois le pilote et la voiture. Ce travail est évidemment complémentaire de celui de mes collègues, tout est interconnecté."

— C'est quoi ton premier souvenir lié au motorsport ? Ce qui t'a donné la piqûre ?

"La F1 le dimanche après-midi quand j'étais tout petit. Et ensuite les 24 Heures du Mans cette course qui devient si particulière quand la nuit s'installe. C'est difficile à expliquer, mais il y a quelque chose d'unique dans cette atmosphère-là."

Un détour par l'aéronautique avant de trouver sa voie

— Avant d'intégrer la formation Performance Engineering, tu en étais où dans ton parcours ?

"Je venais d'obtenir mon diplôme d'ingénieur en mécanique numérique et modélisation, spécialité aéronautique donc rien à voir avec le sport automobile. Mais l'objectif était clair depuis le départ : intégrer le monde de la compétition. La passion était la seule motivation."

— Qu'est-ce qui t'a amené à choisir l'EDLP spécifiquement ?

"Tout simplement parce que c'était la seule école qui me permettait d'acquérir des bases concrètes et de m'ouvrir les portes du sport automobile. Il n'y avait pas trente-six options."

— Comment tu décrirais la formation à quelqu'un qui ne la connaît pas du tout ?

"C'est une très bonne école pour avoir des notions de ce qu'est un véhicule de compétition. Mais surtout, ce qui la rend vraiment différente, c'est qu'elle permet d'effectuer un stage dans une équipe de course sur une saison complète. C'est ça, la vraie valeur ajoutée."

— Quel module ou quelle expérience t'a le plus marqué ?

"Sûrement le module châssis et le Challenge de l'École de la Performance. C'est là qu'on est confronté au concret et c'est là qu'on apprend le plus, parce qu'on commet des erreurs. Les erreurs en conditions réelles, ça marque plus que n'importe quel cours."

Le stage : plongeon dans le grand bain

— Tu as atterri dans quelle team, sur quel championnat ? C'était quoi ton rôle au quotidien ?

"J'ai eu l'opportunité de faire mon stage au sein du team AKKODIS ASP, anciennement AKKA ASP. J'étais ingénieur data en championnat FFSA GT et GT4 European Series, responsable de la reliability de 5 AMG GT4 répartis sur les deux championnats. Au quotidien : téléchargement des données, mises à jour des systèmes embarqués des voitures."

— Quelle a été la situation la plus intense ou la plus formatrice que tu as vécue pendant ces 6 mois ?

"La plus intense : gérer 4 GT4 en même temps sur un même meeting, uniquement sur la partie data. La plus formatrice : préparer la Mercedes AMG GT3 officielle en Pro class aux côtés du chef de voiture, sur toute la partie systèmes. C'est ce genre d'expérience qui façonne vraiment."

— Est-ce que tu t'es senti préparé par la formation, ou tu as dû apprendre beaucoup sur le tas ?

"Pour être franc : on n'apprend pas le métier à l'École de la Performance. On nous donne une overview de ce qui est possible. Ce métier s'apprend avec l'expérience, en faisant énormément de recherches par soi-même, en questionnant et en observant ceux qui sont là depuis des années. L'école ouvre la porte, c'est à chacun de la franchir."

— Est-ce que le stage a directement influencé ton embauche après ?

"Sans aucun doute. Si j'avais fait un stage dans une équipe différente, je n'aurais pas eu ces opportunités et ce début de carrière. Jérôme Policand n'avait pas pu offrir d'embauche post-stage, alors j'ai créé mon auto-entreprise en consulting. En 2022, j'ai décroché un contrat avec Winward Racing en DTM en tant qu'ingénieur data. Ça m'a ouvert énormément de portes par la suite."

Ce que l'école lui a vraiment donné

— Si tu devais citer une seule compétence que l'EDLP t'a vraiment donnée et qui te sert chaque semaine, ce serait laquelle ?

"La persévérance. Aller au-delà de ses limites, en référence directe au stage de montagne de 48h. Ce qu'on a vécu là-bas, ça reste gravé. Et c'est quelque chose que j'applique encore aujourd'hui, chaque semaine."

— Est-ce que tu as l'impression que les teams reconnaissent la valeur de l'École dans le milieu ?

"Pour être honnête : les équipes françaises en ont connaissance, mais à l'étranger, je ne pense pas que ça parle vraiment. En tout cas, dans mon cas, on ne m'a pas recruté pour le diplôme de l'École de la Performance. C'est mon travail et les résultats qui ont parlé."

Son message à ceux qui hésitent

— Si tu pouvais parler directement à quelqu'un qui hésite à s'inscrire aujourd'hui, tu lui dirais quoi ?

"Si tu es réellement motivé par le sport automobile, que tu es prêt à donner une partie de ta vie à cette passion, alors fonce. Ça permet d'avoir un pied dans le milieu à condition de se donner vraiment les moyens et d'accepter les sacrifices.

Ce qu'on voit à la télé, c'est 5% de l'iceberg. On ne nous montre pas les heures de travail, les conditions parfois difficiles, le monde sans filtre qu'est le sport automobile. Mais si tu le sais, si tu l'acceptes, et si tu y tiens vraiment alors l'école peut être le point de départ de tout."