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Promo 2023-2024 Performance Engineering
Poste actuel
Ingénieur Piste F1 Academy

Mécatronicien de formation, ingénieur automobile diplômé de Suisse, Gaëtan Montavon a rejoint l'École de la Performance avec déjà un solide bagage technique en poche. Son objectif : intégrer une grande structure du sport automobile. Mission accomplie. Passé par le programme de développement Formula E d'ART Grand Prix, il est aujourd'hui Ingénieur de Piste en F1 Academy pour sa deuxième saison. Il nous raconte ce parcours.

Tu peux te présenter en quelques mots ?

"Je m’appelle Gaëtan Montavon et j’ai 27 ans. Suisse d’origine, c’est là que j’ai suivi mon parcours de formation. J’ai terminé ma scolarité à 16 ans avant d’effectuer un apprentissage de quatre ans en tant que mécatronicien automobile, le cursus mécanique le plus complet, avec une spécialisation en diagnostic électronique. J’ai ensuite poursuivi avec une maturité professionnelle technique, équivalente à une classe préparatoire en France, puis un Bachelor de trois ans en ingénierie automobile, suivi en bilingue français-allemand. Pendant mes études, je me suis fortement investi en Formula Student. À l’issue de mon cursus, j’ai intégré l’École de la Performance avant de décrocher un stage chez ART Grand Prix comme Ingénieur Data sur le programme de développement Formula E. ART exploitait alors la voiture de développement pour Nissan, Alpine et McLaren. À la fin de ce stage, j’ai été embauché par l’équipe, en tant qu’Ingénieur Race en F1 Academy, où j’effectue aujourd’hui ma deuxième saison."

Pourquoi le sport automobile ? Qu'est-ce qui t'a donné la piqûre ?

"J'ai toujours baigné dans cet univers car mes parents ont une concession automobile avec une vingtaine d'employés. Depuis tout petit, j'ai travaillé au garage, bricolé sur des karting, modifié mes motos ou encore construit ma première voiture de course. La passion pour la mécanique et le sport automobile, c'est quelque chose de naturel chez moi."

Avec ce parcours déjà bien chargé, pourquoi avoir choisi l'École de la Performance ?

"J'avais déjà un certain bagage pratique, pneumatiques, dynamique véhicule, conception mais l'École de la Performance m'apportait deux choses précieuses : des compétences plus spécifiques au sport automobile, et surtout le réseau. Mon objectif était clair : intégrer directement une grande structure. L'École, c'était la porte d'entrée la plus directe pour y parvenir."

Comment tu décrirais la formation à quelqu'un qui ne la connaît pas ?

"Ce qui la distingue, c'est qu'elle est accessible à des profils très différents. Les profils de notre promotion différaient assez grandement en termes d’expérience déjà acquise mais pourtant nous étions tous autant passionnés les uns que les autres. Certains arrivaient avec peu de connaissances mécaniques, et d’autres avec plusieurs années d'expérience. Et pourtant, on a tous trouvé ce que l’on cherchait dans la formation. L'École s'adapte. Par rapport à un post-master classique, l'ancrage dans la réalité du sport auto semble plus marquée."

Quel module ou quelle expérience t'a le plus marqué ?

"Le Challenge, sans hésiter. L'année où je l'ai fait, j'étais seul ingénieur de mon équipe ce qui engageait beaucoup de responsabilités et de préparations mais finalement un bel apprentissage. C'est la première vraie mise en situation : on réalise ce que c'est concrètement de faire rouler des voitures, et on se dit que ce sera ça, la réalité professionnelle très rapidement. C'est sain de le découvrir dans ce cadre-là."

Et justement, quand tu es arrivé chez ART Grand Prix, c'était comparable au Challenge ?

"Pas exactement. Au Challenge, j'étais seul ingénieur pour deux voitures.  Chez ART sur le programme Formula E, on était 30 ingénieurs pour faire rouler une seule voiture de développement, entourés de personnes avec entre 5 et 25 ans d'expérience. C'est une autre dimension, Le niveau de détail et d’exigence est beaucoup plus élevé. Mais peu importe la catégorie, c’est toujours intéressant, juste à des niveaux très différents."

Concrètement, quelles étaient tes missions pendant ton stage chez ART ?

"Mon stage se déroulait uniquement en développement, pas sur des courses. On allait sur circuit pour des essais privés. J'étais responsable de l'ensemble du système d'acquisition de données, caméras, capteurs sur une voiture de niveau Formule 1, avec pratiquement tous les capteurs qui existent en sport automobile. Mais c'était très polyvalent : faisceaux électriques, impression 3D, conception de pièces, et aussi les premières analyses de performance. Vraiment complet."

Tu t'es senti bien préparé par la formation, ou tu as beaucoup appris sur le tas ?

"La formation couvre l'ensemble des éléments nécessaires pour démarrer en sport automobile, quel que soit le niveau de départ. Pour moi, certains sujets survolaient des choses que je connaissais déjà mais les intervenants étant passionnés et disponibles, on pouvait creuser et aller plus loin. Bien sûr, il y a toujours un écart entre l'École et la pratique, c'est vrai dans tous les métiers. Mais si le candidat est curieux et motivé, il aura les compétences pour commencer dans l'équipe qui correspond à son niveau. Ce qui est important, c'est de ne pas brûler les étapes."

Et aujourd'hui, quelles sont tes missions sur circuit ?

"Je travaille sur deux championnats en parallèle, toujours sur des F4 de type F1 Academy. Mon rôle principal, c'est d'être l'ingénieur de piste de Kaylee Countryman, pilote américaine sous couleurs Haas, tests officiels, courses, et séances simulateur chez ART. En parallèle, on gère d'autres véhicules F4 pour des pilotes en test ou en recrutement. En F1 Academy, nous sommes trois ingénieurs chacun responsable d’une voiture. On gère chacun un véhicule et sa pilote, environ 40% du temps et le reste, ce sont des analyses et préparations qui servent à l'ensemble de l'équipe. Je suis notamment responsable de certaines analyses de performance en piste et du suivi des chronos, plus certaines tâches préparatives à l'atelier."

Est-ce que les équipes reconnaissent la valeur de l'École de la Performance dans le milieu ?

"Oui, certainement, même si ça dépend du type de poste. Les plus grandes équipes de Formule 1, pour des postes d'ingénieurs seniors, se tournent généralement plutôt vers de grandes universités, où les stages y sont intégrés. Mais il y a d’excellentes équipes, bien réputées, qui s'intéressent vraiment à l'École de la Performance. Et l'avantage concret, c'est que ça forme des profils polyvalents, proches de la réalité du sport auto dès le départ. Pour une équipe, ça veut dire des stagiaires opérationnels rapidement et ce sont souvent les premiers mois qui sont les plus difficiles."

Si tu parlais directement à quelqu'un qui hésite à s'inscrire, tu lui dirais quoi ?

"Hier soir encore, je discutais avec de jeunes ingénieurs suisses issus de mon école d'origine, et je leur tenais exactement ce discours : l'École de la Performance, c'est une belle porte d'entrée dans le sport automobile. Ce n'est jamais facile mais le fait que l'école garantisse un stage dans une bonne équipe, c'est un vrai tremplin. Si tu te donnes à fond pendant ce stage, tu peux monter rapidement, même si l'équipe de rêve n'est pas forcément celle du début. Les échelons, ça se gravit."