Promo 2020-2021 Performance Engineering
Ingénieur de course freelance
Ingénieur généraliste de formation, Nathan Ferchaud ne connaissait pas Nogaro avant de tomber sur l'École de la Performance par hasard. Quelques années plus tard, il a fondé NFMotorsport et jongle aujourd'hui entre cinq équipes et autant de championnats, du Formula Régionale à la Porsche Sprint Challenge, en passant par Prema Racing. Un profil atypique qui prouve que le sport automobile s'ouvre à ceux qui s'en donnent vraiment les moyens.
De l'ingénierie généraliste au paddock
— Présente-toi en quelques mots : qui tu es, où tu travailles aujourd'hui, et ce que tu fais concrètement au quotidien.
"Je suis ingénieur de course freelance depuis la saison 2023, date à laquelle j'ai lancé ma micro-entreprise NFMotorsport. J'ai commencé en stage chez Saintéloc Rallye avant de me diriger vers le circuit, d'abord en GT, puis en proto et enfin en monoplace.
Aujourd'hui, je travaille avec cinq équipes différentes : M2 Compétition, un team néo-zélandais engagé en Formula Régionale Oceania Trophy, Pegasus Racing en Ligier European Series, Race Motorsport en Ultimate Hoosier Formula Cup, Gautier Ebel Motorsport engagé en Porsche Sprint Challenge France et SuperBerline 2.0 Gautier est d'ailleurs un ancien de l'École de la Performance et enfin Prema Racing pour le programme FREC. Autant dire que le calendrier est bien rempli.
Mon travail fluctue selon les équipes. Il consiste principalement en l'accompagnement des pilotes dans la recherche de performance : analyse data et vidéo, stratégie de course, préparation du meeting. Et en parallèle, l'accompagnement des teams sur le réglage des châssis, la fiabilisation et l'entretien. J'ai aussi quelques missions de team manager chez GEM."
— C'est quoi ton premier souvenir lié au motorsport ? Ce qui t'a donné la piqûre ?
"Plusieurs choses, mais mon premier vrai souvenir de sport auto, c'est la Formule 1 sur TF1. Et ensuite le Rallye d'Automne de La Rochelle, où mon père m'emmenait chaque année. C'est là que ça a commencé à vraiment mordre."
L'EDLP : une découverte par hasard, une évidence à l'arrivée
— Avant d'intégrer la formation Performance Engineering, tu en étais où dans ton parcours ?
"Je venais de terminer un diplôme d'ingénieur généraliste à l'EIGSI de La Rochelle, en apprentissage dans le milieu militaire. Rien qui me prédisposait directement au motorsport."
— Qu'est-ce qui t'a amené à choisir l'EDLP spécifiquement ?
"J'ai trouvé l'école par hasard en me renseignant, je ne suis pas issu d'un réseau familier du motorsport. Et les études que j'avais faites ne me donnaient pas d'accès direct au milieu. À l'époque, je n'étais même pas capable de situer Nogaro sur une carte.
Mais c'est devenu une évidence : d'abord en venant au Classic Festival avec des amis, puis en passant les tests de sélection. Une fois sur place, j'ai compris que c'était là que ça se passait."
— Comment tu décrirais la formation à quelqu'un qui ne la connaît pas du tout ?
"C'est une très bonne mise à niveau pour le monde du sport automobile. Elle donne également accès à un réseau professionnel très important, utile au départ, et encore plus pour la suite de carrière."
— Quel module ou quelle expérience t'a le plus marqué ?
"Même en tant qu'ingénieur, j'ai toujours apprécié les tâches manuelles. Le module d'instrumentation de la Formule Renault de l'école m'a beaucoup plu. Mais c'est le module châssis avec François Monath qui est aujourd'hui celui qui me sert le plus au quotidien."
Le stage : du rallye à une première révision express
— Tu as atterri dans quelle team, sur quel championnat ? C'était quoi ton rôle au quotidien ?
"J'ai commencé chez Saintéloc, où j'ai fait uniquement de l'atelier. Mes premiers meetings en course se sont déroulés dans l'équipe suivante, en Clio Trophy France asphalte et terre, mais aussi en rallye régional et national. Beaucoup de missions liées à la préparation des voitures, à l'organisation du meeting, au réglage et à la fiabilité en rallye."
— Quelle a été la situation la plus intense ou la plus formatrice que tu as vécue pendant ces 6 mois ?
"Chez Saintéloc : la révision express d'une C3 Rally 2 pour l'envoyer en Pologne à la première manche d'ERC. Chrono serré, enjeux élevés, zéro droit à l'erreur. Ce genre d'expérience, ça cadre vite les priorités."
— Est-ce que tu t'es senti préparé par la formation, ou tu as dû apprendre beaucoup sur le tas ?
"Oui, et j'ai encore beaucoup appris sur le tas certainement lié aussi au niveau d'exigence de mon premier employeur. La formation prépare bien, mais le terrain reste irremplaçable."
— Est-ce que le stage a directement influencé ton embauche après ?
"Cette expérience précise ne m'a pas ouvert de portes directes, dans la mesure où j'ai changé de discipline par la suite du rallye vers le circuit. Mais elle m'a appris à travailler sous pression, et ça, ça compte partout."
Ce que l'école lui a vraiment donné
— Si tu devais citer une seule compétence que l'EDLP t'a vraiment donnée et qui te sert chaque semaine, ce serait laquelle ?
"C'est plus une méthode qu'une compétence à proprement parler : l'organisation. Dans ce métier, gérer plusieurs équipes, plusieurs championnats, plusieurs fuseaux horaires parfois sans organisation rigoureuse, c'est impossible. C'est quelque chose que l'école m'a ancré très tôt."
— Est-ce que tu as l'impression que les teams reconnaissent la valeur de l'École dans le milieu ?
"Oui, surtout les équipes françaises. À l'international, c'est moins systématique mais ce qui parle, c'est toujours le travail."
Son message à ceux qui hésitent
— Si tu pouvais parler directement à quelqu'un qui hésite à s'inscrire aujourd'hui, tu lui dirais quoi ?
"Inscris-toi. On en reparlera dans un paddock."


